Par Baby moov

La diversification alimentaire : la voie de l’éveil du goût de bébé

Dès sa naissance, manger est une des activités préférées de votre enfant. Il trouve tout ce dont il a besoin dans le lait que vous lui donnez que ce soit par l’allaitement ou au biberon.

A partir de 6 mois, il sera prêt à découvrir de nouveaux goûts et textures : c’est la diversification alimentaire. Cette étape est importante pour éveiller les sens de bébé aux saveurs. Ainsi, il acquiert des armes pour adopter une alimentation équilibrée et source de satisfaction durant sa vie.

Nous avons décidé de vous donner quelques clés pour comprendre ce que vit votre enfant dans les premières années de son existence.

Les premiers mois de la vie

Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins et au développement du bébé. Il évolue constamment, même pendant la tétée, selon les besoins de votre enfant pour s’adapter à sa croissance. Il réduit les risques d’infections (en particulier gastro-intestinales), et contribuerait à prévenir les allergies et à réduire les risques de diabète et d’obésité.

Vous ne souhaitez ou ne pouvez pas allaiter votre bébé, vous désirez le sevrer ? Il faut alors lui donner un lait infantile premier âge qui est étudié pour une croissance harmonieuse.

Même si la majorité de ces aliments sont fabriqués à partir de composants du lait de vache, certaines préparations sont réalisées à partir d’autres produits (par exemple, du soja) pour les bébés allergiques.

La diversification alimentaire

Pas de précipitation, jusqu’à 6 mois, bébé boit du lait et uniquement du lait !

6 mois est l’âge idéal pour attaquer la diversification alimentaire. Mais il faut y aller progressivement et continuer l’apport en lait qui est une source de calcium, d’acides gras non-saturés et de fer indispensable. Passez aussi progressivement au lait deuxième âge !

A côté, vous pouvez commencer à introduire des bouillons puis des purées de légumes (frais ou surgelés) puis des compotes de fruits, à raison d’une portion de 50 g le midi pour commencer, en augmentant progressivement.

En effet, mieux vaut sensibiliser votre enfant aux légumes en premier. Cela évite de conforter son attirance pour le sucré qui est plus systématique. Vous pouvez préparer à l’avance des petits plats maisons et les congeler dans des conditionnements adaptés. D’autre part, commencez par les légumes non verts, plus faciles à digérer.

Si vous choisissez un plat préparé du commerce, réchauffez-le à la vapeur en versant plutôt le contenu dans un récipient en verre.

Introduisez ces nouveaux aliments un à un. De cette façon vous « formez » le palais de bébé pour qu’il devienne un véritable petit gourmet. Procédez ainsi au début, en proposant le même fruit ou légume plusieurs jours d’affilée.

Évitez de rajouter du sel ou du sucre dans vos préparations. Pas d’urgence, votre bébé y viendra tout seul !

Vers 6 mois, on peut commencer à introduire des protéines aux repas (viande, poisson et jaune d’œuf) en quantité limitée : comptez 20 g à 9 mois. Au même âge, bébé peut également découvrir, petit à petit mais toujours en votre présence, le pain, la semoule et les biscuits.

Quant aux légumes secs, l’enfant ne peut commencer à les manger qu’aux environs des 12 mois.

N’hésitez pas à diversifier l’alimentation de votre bébé, il sera moins difficile plus tard, mais ne le forcez pas : le temps du repas doit rester un moment de plaisir !

Conseils pour faciliter la transition

Le passage à l’état solide des aliments peut être difficile à vivre pour l’enfant, nous vous proposons quelques astuces pour vous faciliter la vie !

– À la découverte de nouveaux aliments, changez tous les jours de menu. Ne renoncez pas dès la première tentative, réessayez, ça peut marcher ! Prévoyez différentes façons de cuisiner et présenter un même aliment.

– Pour rendre le moment du repas plus plaisant, prévoyez des couverts amusants.

– La diversification doit se faire progressivement : vous pouvez commencer directement à la cuillère ou dans son biberon. Souvenez-vous : le lait reste le principal repas de bébé, et les enfants plus grands doivent garder un minimum de 500 g de produits laitiers (lait, laitages, fromages).

7 principes à connaître pour comprendre la naissance du goût

L’objectif de la diversification est d’encourager la naissance du goût et de donner aux enfants le plaisir de manger. La maître de conférences en psychologie Natalie Rigal nous donne quelques pistes dans le domaine. Voici quelques analyses à mettre dans un coin de sa tête pour mieux comprendre les réactions de bébé :

1- Les légumes seraient massivement rejetés à cause de leur très faible capacité rassasiante. De fait, dès le plus jeune âge, l’enfant est capable de reconnaître au goût les aliments aptes ou non à apaiser la sensation de faim.

2- La saveur prononcée et amère des légumes provoquerait une réaction innée de dégoût chez l’enfant. Là aussi, cette réflexion s’appuie sur des travaux prouvant l’existence chez l’homme d’une aversion pour l’amertume.

3- L’omnivore serait hanté par l’idée d’empoisonnement et persisterait à se montrer réticent face à tout aliment inconnu. Cette hypothèse se réfère aux temps anciens, lorsque l’homme préhistorique, pour diversifier son alimentation, devait goûter des végétaux nouveaux. La néophobie est un sentiment de peur éprouvé par l’omnivore face à des aliments inconnus. Elle peut être progressivement atténuée, voire annulée par un apprentissage adapté, en recourant au processus de familiarisation. Un mécanisme très simple basé sur l’expérience visant à rendre familier un produit rejeté et inconnu.

4- De la même façon que nos parents nous transmettent leur couleur d’yeux et des cheveux, ils déterminent notre degré de sensibilité sensorielle. Selon la qualité et la quantité de ses cellules olfactives et gustatives, bébé est plus ou moins sensibles aux odeurs et aux saveurs.

5- Le contexte social et affectif de la consommation alimentaire joue un rôle prépondérant chez l’enfant. Il procède par simple observation : voyant ses camarades accepter, apprécier et consommer un produit que lui-même n’apprécie pas, il modifie progressivement son comportement alimentaire pour imiter celui de ses camarades, et ceci même en leur absence. Si maman goûte, en particulier, cela rassure et encourage l’enfant.

6- Au-delà des distinctions de sexes, d’âge, d’origine sociale ou géographique, les aliments favoris sont les aliments sucrés (fruits, pâtisseries, glaces), certains aliments salés et simples (frites, pâtes, riz, pain et pizza) et certaines viandes (bifteck, poulet) et laitages. Dénominateurs communs à ces aliments ? Ce sont des produits nourrissants, souvent très gras, ou riches en sucres lents, présentant une flaveur peu développée, et une texture molle. En revanche, les abats, la plupart des légumes et certains aliments à la flaveur prononcée (fromages forts, cornichons, oignons, poivre) sont rejetés.

7- Il existe « un effet Béchamel ». Une étude portant sur 1.050 repas servis en crèche a montré que dans la situation de self-service, 51 % des enfants choisissent le chou-fleur quand il est en gratin, 36 % quand il est à la vapeur et 15 % en salade.

Forts de tous ces principes et petites astuces, il est maintenant temps de proposer un menu de chef à bébé et de voir ses réactions !