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Par DoudouCare

Quelle alimentation adopter en cas de reflux gastro-œsophagien chez votre enfant ?

Quelle alimentation adopter en cas de reflux gastro-œsophagien chez votre enfant ?

 

Le RGO, acronyme de reflux gastro-œsophagien, concerne 10% des enfants en France¹. Il peut être douloureux pour l’enfant et nous, parents, nous nous sentons souvent désemparés face à ces symptômes. Prenons tout d’abord le temps de définir ensemble le RGO puis d’étudier les différentes options qui sont à disposition pour soulager votre enfant.

 

Régurgitations et RGO

Les régurgitations sont des remontées involontaires du contenu de l’estomac dans l’œsophage. De volume variable, elles surviennent sans efforts, le plus souvent peu de temps après le repas et ne sont habituellement pas douloureuses. Elles sont très répandues chez les bébés et sont sans gravité.

Un reflux gastro-œsophagien peut se manifester comme des régurgitations et être physiologique (normal). Le RGO est dit pathologique lorsqu’il provoque des vomissements sanglants, des pleurs lors de la prise du biberon, des pauses respiratoires, une mauvaise croissance. Ce reflux gastro-œsophagien pathologique nécessite des examens et un traitement médicamenteux. Le médecin pourra également vérifier que ce reflux ne soit pas dû à une allergie aux protéines de lait de vache.

Heureusement, des conseils de puériculture, une alimentation adaptée en tant que maman allaitante, en passant par le choix d’un bon lait infantile ou la mise en place de la diversification alimentaire, sont autant de pratiques qui vont diminuer les symptômes rencontrés par votre enfant.

 

Quelques conseils de puériculture

  • Le premier conseil en cas de RGO est de garder votre enfant le plus possible en position verticale. Le portage doit être votre allié ! Optez pour une écharpe ou un porte-bébé physiologique.
  • Habillez votre enfant avec des vêtements qui ne compriment pas son système digestif et ne serrez pas trop ses couches.
  • Changez votre bébé avant son repas afin d’éviter les changements de position qui vont favoriser les régurgitations.
  • Essayez de ne pas coucher votre enfant directement après son repas. Et s’il s’endort, pensez alors aux plans inclinés pour éviter la position horizontale.
  • Ne le laissez pas trop longtemps dans un transat ou un siège-auto car la position semi-assise pourrait comprimer son estomac et alors le déranger.
  • Il est également prouvé que le tabagisme passif favorise les RGO.

 

Si vous allaitez un bébé RGO

  • Faites des pauses dans les tétées pour permettre à votre enfant de faire un rot et ainsi évacuer l’air dégluti.
  • Allaitez-le dans la position la plus verticale possible. Et si vous êtes à l’aise, même directement dans une écharpe de portage.
  • Pensez à faire vérifier auprès d’une sage-femme ou d’un professionnel de l’allaitement que vous ne souffriez pas d’un REF (réflexe d’éjection fort), qui ferait que votre bébé avale de l’air et une quantité de lait trop importante d’un seul coup. Si tel est le cas et afin de réduire la puissance du jet du lait, massez votre poitrine avant d’allaiter, sortez le premier lait (que vous pourrez donner par la suite dans un biberon si besoin) puis donnez le sein à votre bébé.
  • Évitez de consommer des aliments qui vont être proacidifiants : le café (même décaféiné), le thé, les boissons gazeuses, le chocolat, les tomates, les agrumes, les plats trop épicés et bien sûr l’alcool.

Le RGO ne doit pas vous faire remettre en cause votre allaitement. Sachez que le lait maternel se digère plus rapidement, il provoque moins d’acidité dans les régurgitations. Une étude a conclu qu’il y a pratiquement deux fois moins de reflux dans les quatre heures qui suivent un allaitement qu’après une prise de biberon². Et si besoin, il existe des épaississants (constitués d’amidon transformé de maïs) que vous pouvez mélanger à votre lait maternel tiré en avance pour l’épaissir. Les épaississants peuvent être délicats à dissoudre dans le lait ; pensez bien à les mélanger pour éviter les grumeaux.

 

Si votre bébé RGO est nourri au lait infantile

La première chose des choses est de vérifier que vous ne vous trompiez pas dans la reconstitution du lait : 30ml d’eau pour 1 dose de lait infantile en versant l’eau en premier. Pensez à bien diluer le lait en secouant le biberon pour éviter les grumeaux. Surtout ne chauffez pas le biberon au four à micro-ondes afin d’éviter tout risque de brûlures de l’œsophage.

En matière de laits infantiles, vous connaissez probablement des laits de 1er, 2ème âge et de croissance. Sachez qu’il existe aussi une multitude de laits infantiles spécifiques pour répondre à des besoins nutritionnels rencontrés (lait avec pré et probiotiques, lait appauvri en lactose, des substituas de lait à base d’hydrolysats poussés de protéines de lait de vache, des laits hypoallergéniques, des préparations à base de protéines de riz ou de soja… Et également des laits pré-épaissis.

Dans la grande famille des laits pré-épaissis, vous pourrez en trouver :

  • À l’amidon. Il s’agit le plus souvent d’un ajout d’amidon de maïs mais il peut également contenir de l’amidon de tapioca ou de pomme de terre. Ces laits s’épaississent dans l’estomac au contact de l’acidité gastrique.
  • À la caroube. Il y aura une action épaississante dès la reconstitution du lait.
  • Parfois avec les deux formules associées.

Les laits pré-épaissis à l’amidon sont les plus courants car ceux à la caroube peuvent rendre les selles plus molles. L’épaississement des biberons a démontré un réel intérêt clinique dans le traitement du RGO en réduisant les régurgitations³. Envisagez donc avec votre médecin, la transition vers un de ces laits.

Les tétines peuvent également jouer un rôle dans le RGO. Elles ont souvent plusieurs débits : 1, 2, 3. Diminuez le débit afin que le lait arrive lentement dans l’estomac. Des tétines en silicone, moins souples que celles en caoutchouc, peuvent être aussi utilisées pour freiner la vitesse de déglutition des enfants.

Essayez de toujours faire faire le rot à votre enfant, même au cours de la prise de son biberon, afin éviter l’accumulation d’air dans son estomac.

Enfin, il existe des biberons « anti-régurgitation », contenant une valve ou coudé. Sachez toutefois que les bénéfices annoncés n’ont pas été prouvés scientifiquement.

 

Si votre bébé RGO à plus de 4 mois

Lorsque votre bébé est en âge d’être diversifié, vous remarquerez probablement une baisse des symptômes, son alimentation devenant de plus en plus solide.

Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter dans ses biberons de lait infantile des céréales ou quelques cuillères de légumes mixés pour continuer à épaissir son alimentation.

Il convient de limiter les aliments qui peuvent favoriser les reflux :

  • Concernant les fruits, limitez les agrumes et particulièrement le jus d’orange, l’ananas et le kiwi.
  • Au niveau des légumes, modérez les tomates, les épinards, l’oignon et le chou-fleur.
  • Évitez toujours les plats épicés car ils stimulent la sécrétion d’acide de l’estomac.

Les textures lisses (purées) peuvent avoir tendance à accentuer les symptômes du RGO contrairement à une alimentation avec morceaux. Envisagez une transition vers la DME (Diversification Menée par l’Enfant) à partir des 6 mois de votre bébé.

 

En conclusion

En cas de RGO, le temps sera votre allié ! Au fil des semaines et des mois, l’enfant se tiendra de plus en plus en position verticale, il apprendra à se mouvoir, son système digestif deviendra plus mature et son alimentation se solidifiera. Tous ces éléments vont diminuer le RGO.

Dans tous les cas, si vous êtes inquiet quant à la santé de votre enfant, il est nécessaire d’en parler aux professionnels de la santé qui vous entourent : pédiatres, médecins généralistes, sages-femmes, diététiciens pédiatriques… n’hésitez pas à consulter.

 

¹ Prevalence and management of gastroesophageal reflux disease in children and adolescents: a nationwide cross-sectional observational study, European Journal of Pediatrics, 2012

² « Influence of breast versus formula milk on physiological gastroesophageal reflux in healthy newborn infant », H.J. Heacock et al, Journal Pediatric Gastroenterology Nutrition 1992.

³ Craig et al. Cochrane Database 2004 ; Vandenplas et al., J Pediatr Gastroenterol Nutr 2009

 

Article rédigé par Camille, Diététicienne DoudouCare.


 

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